Un lion dans la prairie anglaise : Charles Williams, ou l'invisible à la table des Inklings


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En 1936, Lewis lit un roman où un lion d'une puissance surnaturelle surgit dans la campagne anglaise. Il écrit aussitôt à l'auteur, Charles Williams, éditeur, poète et mystique. Trois ans plus tard, la guerre amène Williams à Oxford, où il bouleverse les Inklings, jusqu'à sa mort brutale en 1945.
En 1936, Lewis lit un roman où un lion d'une puissance surnaturelle surgit dans la campagne anglaise. Il écrit aussitôt à l'auteur, Charles Williams, éditeur, poète et mystique. Trois ans plus tard, la guerre amène Williams à Oxford, où il bouleverse les Inklings, jusqu'à sa mort brutale en 1945.
- Charles Williams (1886-1945), éditeur à l'Oxford University Press.
- Auteur de « thrillers métaphysiques », dont The Place of the Lion (1931).
- Rejoint les Inklings en 1939 ; Lewis lui dédie sa Préface au Paradis perdu.
- Sa mort, en 1945, change la manière dont Lewis pense la mort.
Un lion, un serpent, un papillon
En 1936, Lewis lit The Place of the Lion, un roman où les archétypes platoniciens (un lion, un serpent, un papillon) font irruption dans la campagne anglaise. Enthousiaste, il écrit à l'auteur. Au même moment, Williams, éditeur à l'Oxford University Press à Londres, vient de lire les épreuves de L'Allégorie de l'amour et écrit à Lewis. Les deux lettres se croisent : c'est le début d'une amitié.
Un lecteur de Narnia ne peut s'empêcher de sursauter devant ce lion qui bouleverse un paysage anglais. Lewis n'a jamais dit qu'Aslan venait de là, et il racontait qu'Aslan avait « bondi » dans son histoire à une époque où il rêvait souvent de lions. Le rapprochement reste donc une simple résonance, mais il dit quelque chose du goût que les deux hommes partageaient.
Oxford, 1939
Quand la guerre éclate, les bureaux londoniens de l'Oxford University Press sont évacués à Oxford. Williams arrive, avec ses manières théâtrales, son accent populaire de Londres et une énergie inépuisable. Il entre aussitôt chez les Inklings, où il lit ses poèmes arthuriens. Lewis l'admire sans réserve. Tolkien, plus réservé, se sent un peu évincé et goûte peu son mysticisme.
Le conférencier sans diplôme
Sans diplôme universitaire, Williams donne à Oxford des cours sur Milton qui font sensation. Lewis obtient pour lui un diplôme honoraire de l'université (1943). Ses idées sur la « coinhérence » (nous portons les fardeaux les uns des autres, littéralement) ou sur la « voie des images » nourrissent la pensée de Lewis.
Ce que Williams a changé dans les romans de Lewis
On reconnaît Williams dans Cette hideuse puissance, avec sa matière arthurienne, Merlin et ses anges, et dans Le Grand Divorce, où l'invisible devient plus solide que le visible. La Préface au Paradis perdu (1942) lui est dédiée. On peut y voir l'une des sources de ce mélange de quotidien anglais et de surnaturel que l'on retrouve dans l'armoire de Narnia.
Une mort qui change la mort
Le 15 mai 1945, une semaine après la victoire en Europe, Williams meurt après une opération. Lewis dira que cette mort a renforcé sa foi plutôt que de l'ébranler : l'idée de la mort lui semblait changée, comme si son ami avait franchi une porte. En 1947, il dirige un volume d'hommage, Essays Presented to Charles Williams, avec des textes de Tolkien (dont le célèbre essai Du conte de fées), Barfield et Dorothy L. Sayers ; en 1948, Arthurian Torso complète les poèmes arthuriens de Williams par un commentaire de Lewis.
Lire Williams aujourd'hui
Ses romans sont peu traduits en français ; quelques-uns l'ont été, souvent épuisés. Ils restent des curiosités fascinantes pour qui aime le fantastique religieux, et une clé pour comprendre le Lewis des années de guerre.
Voir aussi
- Les Inklings, un club littéraire
- Préface au Paradis perdu (titre non traduit en français)
- Cette hideuse puissance
- Le Grand Divorce
- L'Allégorie de l'amour (titre non traduit en français)
- J.R.R. Tolkien et C.S. Lewis
- Comment Lewis a créé Narnia
- Aslan
sources inspiration
- https://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Williams_(British_writer)