Les mythes et Narnia

Faunes, dryades et centaures au service du Lion
Faunes, dryades et centaures au service du Lion
Le cortège mythologique
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Faunes grecs, géants nordiques, chevaliers arthuriens, Père Noël : Narnia est un carrefour de mythologies. Pourquoi Lewis les a-t-il mêlées ?

Faunes grecs, géants nordiques, chevaliers arthuriens, Père Noël : Narnia est un carrefour de mythologies. Pourquoi Lewis les a-t-il mêlées ?

  • Grèce, Nord, Moyen Âge, folklore : un mélange assumé.
  • Les mythes, pour Lewis, sont des pressentiments de la vérité.
  • Planet Narnia (M. Ward, 2008) : une planète par tome.

Un mélange assumé

Tolkien trouvait Narnia trop disparate : on y croise des faunes et des dryades venus de la Grèce, des nains et des géants du Nord, des chevaliers et des tournois du Moyen Âge, un Père Noël, des castors qui cousent à la machine. Lewis le savait et ne s'en excusait pas. Pour lui, toutes ces figures appartenaient au même fonds commun de l'imagination européenne, celui des livres de son enfance.

Les sources

  • La mythologie gréco-romaine : faunes, satyres, dryades, naïades, dieux fluviaux, Bacchus, Silène et les ménades, centaures, minotaures. Dans Le Prince Caspian, le réveil de Narnia ressemble à un cortège dionysiaque, mais apprivoisé par Aslan.
  • La mythologie nordique : la passion de Lewis adolescent, la « Joie » de Siegfried et du Crépuscule des dieux. Les géants, les nains, le loup Fenris, la fin du monde dans la glace et le soleil éteint de La Dernière Bataille rappellent le Ragnarök.
  • Le Moyen Âge : chevalerie, héraldique, tournois, Malory, les voyages merveilleux des moines irlandais. C'était le métier de Lewis, spécialiste de la littérature médiévale.
  • Les contes et le folklore anglais : sorcières, ogres, loups-garous, ettins, et le Père Noël.
  • La cosmologie médiévale : un monde plat, des étoiles vivantes, des planètes qui sont des personnes. Lewis l'expose dans The Discarded Image.

Le mythe vrai

Pour Lewis, les mythes païens n'étaient pas des mensonges, mais des pressentiments : des « rêves » de l'humanité, qui annonçaient une vérité. C'est une discussion avec Tolkien sur ce point, en 1931, qui l'a conduit au christianisme : l'Évangile, disait Tolkien, est un mythe qui est réellement arrivé. Narnia reprend cette idée. Les dieux païens ont leur place dans le cortège d'Aslan, et Bacchus danse sous l'œil du Lion.

Une hypothèse : les sept planètes

En 2008, le chercheur Michael Ward (Planet Narnia) a proposé une lecture originale : chaque tome serait placé sous l'influence secrète d'une des sept planètes médiévales. Ce serait Jupiter pour L'Armoire, Mars pour Caspian, le Soleil pour Le Passeur d'Aurore, la Lune pour Le Fauteuil, Mercure pour Le Cheval, Vénus pour Le Neveu et Saturne pour La Dernière Bataille. L'hypothèse n'est pas prouvée, mais elle a convaincu de nombreux spécialistes.

Voir aussi

Ce qu'en disait blog.narnia.ch

  • article — articles/159-les-mythes-et-narnia.md — # Les mythes et Narnia *Marc Varidel — 2005-12-22* C. S. Lewis s'est converti au christianisme, entre autres, parce qu'il a reconnu, dans les mythologies du monde dit païen, une anticipation, une préparation à la Vérité révélée par l'Incarnation de Jésus-Christ. Pour Lewis, l'Incarnation du Christ a permis à l'humanité de percevoir les réalités abstraites de façon tangible. Et cela par le fait même que son Incarnation est en même temps un mythe (préfiguré dans certaines religions païennes préchrétiennes) et un fait avéré historiquement. Encore faut-il user de la même définition du mot « mythe » (histoire, en grec) que Lewis ! Il adopte en effet celle de Tolkien, pour qui le mythe est une invention (une création de l'esprit) à propos de la vérité, invention qui transcende la pensée et conduit l'esprit du lecteur dans une autre dimension de compréhension. C.S. Lewis a l'objectif, dans les Chroniques, d'inculquer un « bon paganisme » ; il le fait au travers du monde de Narnia, peuplé de faunes, d'elfes, d'animaux qui parlent, de créatures imaginaires, de dieux grecs ou romains, même. Lewis a puisé à la source des mythologies celtiques, scandinaves et classiques, en bon connaisseur de l'Antiquité et du Moyen-âge. Ce « bon paganisme » doit, en quelque sorte, préparer le lecteur à découvrir le christianisme. Il ne faut pas oublier que si les mythologies païennes semblent dominer le monde de Narnia, C.S. Lewis n'entend pas en rester là. Son propre cheminement intellectuel et spirituel l'a en effet amené du naturalisme-matérialisme, où toute action supranaturelle est exclue, à une première étape où il a dû reconnaître, à contrecœur, dit-il, l'existence d'un créateur, d'un être suprême. Du théisme il a ensuite passé au christianisme, convaincu par les arguments intellectuels de Tolkien comme par ceux de l'Evangile. C.S. Lewis n'est donc pas un chrétien par tradition, il n'est pas « tombé dans la marmite quand il était petit » ! C'est à l'âge de 32 ans que ce professeur de littérature à l'Université d'Oxford puis de Cambridge, spécialiste du Moyen-âge et auteur de nombreux ouvrages encore utilisés dans le monde universitaire, a choisi de devenir chrétien. Les expériences douloureuses de C.S. Lewis dans son enfance, sa recherche longue et sincère de la vérité, son immense culture, en même temps que sa simplicité d'écriture, font des Chroniques un véritable joyau, à la portée de tout lecteur. Auteur: Marc Varidel Texte basé sur : Colin Duriez, Au cœur de Narnia, Edition Raphaël, 2005 (chapitre 4) — Marc Varidel — 2005-12-22

sources inspiration

  • https://en.wikipedia.org/wiki/Planet_Narnia
  • https://narnia.fandom.com/wiki/Narnia_and_mythology