De Belfast à l'armoire : la vie de Jack en dix énigmes et leurs échos à Narnia

Un bureau d'Oxford encombré de livres, une pipe et une tasse de thé, une fenêtre sur un parc
Un bureau d'Oxford encombré de livres, une pipe et une tasse de thé, une fenêtre sur un parc
Le bureau de Jack
Une route qui relie une ville portuaire irlandaise aux flèches d'Oxford dans un paysage onirique
De Belfast à Oxford
  1. Accueil
  2. C.S. Lewis
  3. Lewis en profondeur
  4. De Belfast à l'armoire : la vie de Jack en dix énigmes et leurs échos à Narnia

Un Irlandais devenu professeur en Angleterre, un athée devenu la voix chrétienne la plus écoutée de son siècle, un vieux garçon marié à presque soixante ans. Dix énigmes pour faire connaissance avec Jack, et, pour chacune, ce que Narnia en a gardé.

Un Irlandais devenu professeur en Angleterre, un athée devenu la voix chrétienne la plus écoutée de son siècle, un vieux garçon marié à presque soixante ans. Dix énigmes pour faire connaissance avec Jack, et, pour chacune, ce que Narnia en a gardé.

  • Clive Staples Lewis (1898-1963), dit « Jack », né à Belfast, mort près d'Oxford.
  • Spécialiste de la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance, à Oxford puis à Cambridge.
  • Chaque étape de sa vie a laissé une trace dans les Chroniques : le deuil, la guerre, ses maîtres, ses amis.
  • Auteur d'une quarantaine de livres, encore vendus par millions.

1. Pourquoi un Irlandais ?

Clive Staples Lewis naît le 29 novembre 1898 à Belfast, dans une famille protestante de la bourgeoisie irlandaise. Son père est avocat ; sa mère, fille de pasteur, est diplômée en mathématiques et en logique, chose rare pour une femme de l'époque. Il se sentira toute sa vie irlandais, même s'il passe presque toute sa vie adulte en Angleterre.

Écho narnien : les collines vertes du comté de Down et la mer grise de Belfast Lough nourrissent ses paysages imaginaires. On lui prête souvent une phrase selon laquelle la région de Rostrevor était son idée de Narnia (la source exacte reste à identifier).

2. Pourquoi « Jack » ?

Vers quatre ans, après la mort de son chien Jacksie, le petit Clive annonce qu'il s'appellera désormais Jacksie. Le nom raccourcit en « Jack » et lui reste. Ses amis, son frère et sa femme l'appelaient ainsi ; les initiales « C.S. » étaient réservées à ses livres.

Écho narnien : dans les Chroniques, nommer est un acte puissant. Ce n'est pas un hasard si l'enfant qui s'était choisi son propre nom deviendra l'auteur d'un monde où Aslan appelle chacun par le sien.

3. Une enfance coupée en deux ?

Heureuse d'abord, dans une maison pleine de livres, Little Lea, avec son frère Warren, dit Warnie, de trois ans son aîné. Avec lui, il invente un pays d'animaux habillés, Boxen. Puis la catastrophe : sa mère meurt d'un cancer en août 1908. Jack a neuf ans. Son père, dévasté, l'envoie en pension en Angleterre, chez un directeur brutal. Lewis dira que tout bonheur solide avait alors disparu de sa vie.

Écho narnien : un garçon dont la mère est malade et qui voudrait la sauver, c'est Digory dans Le Neveu du magicien. Et les animaux qui parlent ont leur lointain ancêtre dans le grenier de Boxen, même si Lewis refusait d'y voir l'origine de Narnia.

4. Comment devient-on professeur quand on déteste l'école ?

Grâce à un précepteur exigeant, William Kirkpatrick, qui lui apprend à raisonner sans pitié et à lire le grec. Admis à Oxford, Lewis part d'abord à la guerre en 1917, est blessé en France en avril 1918, puis revient étudier et obtient la meilleure mention dans trois disciplines. De 1925 à 1954, il est fellow et tuteur de littérature anglaise au Magdalen College d'Oxford. En 1954, Cambridge crée pour lui une chaire de littérature médiévale et de la Renaissance.

Écho narnien : le vieux professeur qui accueille les enfants dans sa grande maison et leur reproche de ne pas savoir raisonner porte peut-être le nom de Kirkpatrick : Digory Kirke. Et les enfants évacués de Londres viennent tout droit de la guerre de 1939 (voir notre article sur les deux guerres).

5. Comment un athée devient-il croyant ?

Lentement. Lewis perd la foi de son enfance vers treize ans et devient un athée convaincu. Ses lectures (George MacDonald, Chesterton), ses amis (Tolkien, Barfield, Dyson) et sa propre honnêteté intellectuelle le ramènent pas à pas vers Dieu, en 1929, puis vers le christianisme, en septembre 1931. Il devient un membre ordinaire de l'Église d'Angleterre et s'en tient toujours à ce que partagent tous les chrétiens.

Écho narnien : la conversation décisive avec Tolkien porte sur les mythes. Pour Lewis, le récit du dieu qui meurt et revient est un mythe devenu réalité. C'est ce qu'il imagine à nouveau, autrement, sur la Table de pierre.

6. Qu'est-ce qui l'a rendu célèbre ?

Trois choses. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses causeries à la BBC sur la foi font de lui une voix familière du pays. Ses lettres de démon, Tactique du diable (1942), sont un succès mondial. Et entre 1950 et 1956, il publie les sept Chroniques de Narnia.

Écho narnien : le narrateur malicieux de Tactique du diable, qui commente et prend le lecteur à témoin, se retrouve presque tel quel dans la voix qui raconte les Chroniques.

7. Qui étaient ses amis ?

L'amitié est au centre de sa vie. Arthur Greeves, voisin de Belfast, confident de toute une vie ; Owen Barfield, contradicteur préféré ; J.R.R. Tolkien, qui l'aide à croire et à qui il donne le courage de finir Le Seigneur des Anneaux ; Charles Williams, l'ami mystique. Ensemble, ils forment les Inklings, un cercle où l'on lit ses manuscrits à voix haute. Son frère Warnie partage sa maison.

Écho narnien : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique est dédié à Lucy Barfield, la fille adoptive d'Owen et filleule de Lewis.

8. Pourquoi s'est-il marié si tard ?

Il a d'abord vécu plus de trente ans avec Janie Moore, la mère d'un camarade tué à la guerre, et sa fille Maureen. Puis, en 1956, il épouse civilement une écrivaine américaine, Joy Davidman, pour lui permettre de rester en Angleterre. Quand on découvre qu'elle a un cancer, l'amitié devient un grand amour. Joy meurt en 1960. Lewis écrit son deuil dans Apprendre la mort ; leur histoire inspire le film Les Ombres du cœur.

Écho narnien : Le Cheval et son écuyer est dédié aux deux fils de Joy, David et Douglas Gresham.

9. Quel homme était-il ?

Un grand homme rougeaud, mal habillé, à la voix forte, qui aimait la bière, les longues marches, les bains de rivière et les discussions jusqu'à l'aube. Polémiste redoutable, il était aussi très généreux : il donnait une large part de ses droits d'auteur et répondait lui-même à des milliers de lettres d'inconnus, enfants compris.

Écho narnien : ses réponses aux enfants qui l'interrogeaient sur Aslan, Susan ou Ripitchip sont réunies dans Lettres du pays de Narnia.

10. Pourquoi sa mort est-elle passée inaperçue ?

Malade du cœur et des reins, il démissionne de Cambridge à l'été 1963. Il meurt chez lui, aux Kilns, près d'Oxford, le 22 novembre 1963, une semaine avant ses soixante-cinq ans. Le même jour, John F. Kennedy est assassiné à Dallas : la nouvelle éclipse tout le reste. Cinquante ans plus tard, en 2013, une pierre à son nom est posée dans le Coin des poètes de l'abbaye de Westminster, aux côtés de Shakespeare, Dickens et Jane Austen.

Pour continuer

La biographie détaillée en deux parties et la chronologie racontent la vie dans l'ordre. Si vous voulez lire Lewis, notre page « Que lire de Lewis après Narnia » vous aide à choisir un premier livre.

Voir aussi

sources inspiration

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/C._S._Lewis
  • https://en.wikipedia.org/wiki/C._S._Lewis
  • https://www.cslewis.com/us/about-cs-lewis
  • https://cslewis.drzeus.net/