Joy Davidman et « Les Ombres du cœur »


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Une poétesse new-yorkaise, ancienne communiste, épouse sur le tard un professeur célibataire d'Oxford. Leur histoire a inspiré un film inoubliable.
Une poétesse new-yorkaise, ancienne communiste, épouse sur le tard un professeur célibataire d'Oxford. Leur histoire a inspiré un film inoubliable.
- Joy Davidman (1915-1960), poétesse américaine.
- Mariage civil en 1956, religieux en 1957 au chevet de Joy.
- Shadowlands (1993) : un beau film, avec des libertés.
Joy
Helen Joy Davidman naît le 18 avril 1915 à New York, dans une famille juive non pratiquante. Enfant prodige, elle publie un recueil de poèmes, Letter to a Comrade, primé en 1938, et milite au Parti communiste. Elle épouse l'écrivain William Lindsay Gresham, dont elle a deux fils, David (1944) et Douglas (1945). Dans une crise personnelle, elle fait l'expérience d'une présence divine. Elle se tourne vers le christianisme, aidée en partie par les livres de Lewis.
La rencontre
Elle écrit à Lewis en 1950. Il apprécie son esprit vif et son franc-parler. Ils se rencontrent en septembre 1952 à Oxford. Son mariage s'effondre, et elle s'installe à Londres avec ses fils en 1953. Lewis l'aide financièrement. Il lui dédie Un visage pour l'éternité, qu'elle l'a aidé à écrire.
Deux mariages
Le 23 avril 1956, Lewis l'épouse civilement à Oxford, pour lui permettre de rester en Angleterre : un « mariage de raison », dit-il alors. Quelques mois plus tard, on découvre à Joy un cancer des os. Lewis comprend qu'il l'aime. Le 21 mars 1957, un prêtre les marie religieusement au chevet de Joy, à l'hôpital. Contre toute attente, elle se rétablit. Ils vivent trois années heureuses aux Kilns. En 1958, ils font un voyage de noces tardif au pays de Galles puis en Irlande ; en avril 1960, ils partent pour la Grèce, seul voyage de Lewis hors des îles Britanniques. Le cancer revient, et Joy meurt le 13 juillet 1960.
Après
Lewis élève les deux garçons. Il écrit son chagrin dans A Grief Observed (Apprendre la mort), publié en 1961 sous le pseudonyme de N.W. Clerk. Il meurt trois ans plus tard. Douglas Gresham deviendra le gardien de l'héritage de son beau-père et le coproducteur des films de Narnia.
Les Ombres du cœur
Leur histoire a d'abord été racontée à la télévision britannique (BBC, 1985), puis au théâtre par William Nicholson (1989). Elle devient enfin un film de Richard Attenborough, Shadowlands (1993), avec Anthony Hopkins et Debra Winger. Le film est beau, mais il prend des libertés : un seul fils au lieu de deux, un Lewis plus timide et plus enfermé qu'il ne l'était, et la célèbre phrase « Nous lisons pour savoir que nous ne sommes pas seuls », qui est du scénariste et non de Lewis.
Voir aussi
- Biographie de C.S. Lewis (2) : des Inklings à Narnia, 1932-1963
- Citations de C.S. Lewis
- Le Pays des ombres
- Susan, Orual et Joy : le dossier « Lewis misogyne » rouvert, pièces en main
- Apprendre la mort
- La maisonnée des Kilns : Warnie, « Minto » et Maureen, la famille que Lewis s'est choisie
Ce qu'en disait blog.narnia.ch
- article — articles/181-les-ombres-du-cur.md — # Les ombres du cœur *Christophe Maffini — 2005-10-26* **Les ombres du cœur** de Richard Attenborough (1993) avec Anthony Hopkins : Quand la souffrance devient tangible et n’est plus un simple fait théorique ! Récompensé par de nombreux prix, ce mélodrame s’inspire de faits réels tirés de la vie de l’écrivain C.S Lewis. Le réalisateur Richard Attenborough, qui a l’habitude de mettre en scène la vie d’hommes illustres et à qui l’on doit entre autre l’impressionnant film sur la vie de Gandhi (1982), s’interroge sur la souffrance et les changements qu’occasionne une telle expérience dans la vie de foi d’un homme. 1952, L'écrivain C.S. Lewis enseigne à Oxford. Célibataire plutôt endurci, il partage sa vie entre écriture, l’enseignement et la prédication. Féru de théologie, la question de la souffrance humaine dans une perspective biblique n’a plus de secrets pour lui. Connu dans tout le pays, il a l’habitude de recevoir un abondant courrier de la part de ses nombreux admirateurs. Un jour, la poétesse américaine, d'origine juive Joy Gresham, prend contact avec lui. Pour échapper à un mari violent, elle décide de s’établir en Angleterre avec son fils. Afin qu'elle puisse obtenir la nationalité anglaise, et ainsi rester définitivement dans le pays, Lewis consent à un mariage, pour la forme. Cette rencontre plutôt formelle, va se transformer en une profonde histoire d’amour. Hélas, Joy très souffrante va être alitée durant plusieurs mois et perdre la vie suite à un cancer. A travers cette douloureuse expérience de vie, Lewis va découvrir la plénitude du contraste entre la joie et la peine, le passage de la théorie à la souffrance physique et affective. Bien que s’inspirant de faits réels, le film donne cependant une image assez déformée et pas toujours fidèle de la personnalité de CS Lewis, tout en nous présentant une idée très relative de sa pensée sur le problème de la souffrance. Auteur prolifique et professeur de littérature anglaise du moyen âge à Cambridge, grand ami de J.R.R. Tolkien, Lewis est devenu athée à la suite du décès de sa mère à l'âge de 9 ans. C’est plus tard, alors qu’il enseignait déjà à Oxford, que Lewis, à la suite d'un long cheminement, a fini par se tourner vers la foi chrétienne. Le film ne parvient pas à nous transmettre une vision complète du personnage, et a tendance à en exagérer certains traits. Mais il offre une vision pertinente sur la question de la souffrance humaine, démontrant avec sensibilité toute la solitude, l’interrogation et la colère face à un Dieu qui semble bien absent quand la mort sévit. Avant les événements décrits dans le film, Lewis avait déjà publié un livre sur la question de la souffrance (The problem of pain), une approche très académique sur le sujet. Suite au décès de sa femme, il écrit un autre livre beaucoup plus personnel, une sorte de journal intime, rédigé à l’intention de ceux qui sont confrontés à la mort (A Grief Observed). Alors que le film s’arrête dans une apparente impasse sur le problème de la souffrance, ces deux livres apportent une perspective bien différente, où la souffrance n’est pas perçue comme un fossé entre Dieu et les hommes, mais réellement un tremplin pour approfondir sa foi. Lewis, dans ses écrits, montre qu’il a transcendé cet état, découvrant une compréhension plus profonde de Dieu au travers de ses propres épreuves. Christophe Maffini ### Information sur le film *Titre français* **Les ombres du cœur** *Titre original* Shadowlands *Pays* USA, UK *Année* 1993 *Réalisateur* Richard Attenborough *Genre (durée)* Drame (2h10) *Personnages principaux* *Nom* *Joué par* Jack Lewis Anthony Hopkins Joy Gresham Debra Winger Warnie Lewis Edward Hardwicke Bande-annonce Acheter le DVD — Christophe Maffini — 2005-10-26
sources inspiration
- https://en.wikipedia.org/wiki/Joy_Davidman
- https://en.wikipedia.org/wiki/Shadowlands_(1993_film)