L'Abolition de l'homme

Deux promeneurs du XIXe siècle devant une cascade majestueuse
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Un manuel scolaire anodin, une cascade « sublime » et une question vertigineuse : si l'on apprend aux enfants que toutes les valeurs ne sont que des sentiments, qui décidera demain de ce qu'est l'homme ? Un petit livre souvent cité bien au-delà des cercles chrétiens.

Lewis part d'un manuel d'anglais pour lycéens, qu'il appelle par discrétion « le Livre vert ». Les auteurs y commentent une anecdote : devant une cascade, un touriste la dit « sublime », un autre « jolie ». Pour le manuel, ces phrases ne disent rien de la cascade, seulement des émotions du locuteur. Lewis y voit une révolution silencieuse : on forme des élèves sans « poitrine », c'est-à-dire sans sentiments éduqués qui relient l'intelligence aux instincts. Il défend l'existence d'une morale objective, qu'il appelle le Tao, commune à toutes les grandes civilisations ; il en donne des exemples en annexe, tirés de textes égyptiens, babyloniens, chinois, grecs, nordiques, hébreux. La dernière conférence décrit l'aboutissement logique du rejet de toute valeur : une poignée de « conditionneurs » qui, armés de la science, façonneraient les générations futures selon leurs caprices. La conquête de la nature par l'homme deviendrait la conquête de l'homme par la nature.

  • Accroche originale (balise <title> et sous-titre) — Des élèves sans poitrine : la conférence qui inquiète encore les éducateurs
  • titre original — The Abolition of Man
  • Année(s) de première parution (texte) — 1943
  • Genre précis — Essai (philosophie morale, éducation)
  • categorie — Essais
  • Première édition anglaise — Oxford University Press, 1943 (trois conférences Riddell données en février 1943 pour l'université de Durham, à Newcastle)
  • Disponibilité en librairie (relevé daté) — Trois éditions françaises : Criterion (1986) et Ad Solem (2017), dans la traduction d'Irène Fernandez ; Raphaël (2000), dans celle de Denis Ducatel. Disponibilité actuelle de l'édition Ad Solem non vérifiée.
  • Niveau de lecture (texte) — Intermédiaire — court mais dense
  • Genèse — Le livre est écrit en pleine guerre contre des régimes totalitaires qui prétendaient fabriquer un homme nouveau. Lewis en tire la même année un roman, *Cette hideuse puissance*. Il ne vise pas la science en tant que telle, mais une philosophie qui réduit tout à des faits mesurables.
  • Accueil et influence — Lewis le considérait comme l'un de ses livres les plus importants. Il est aujourd'hui cité dans les débats sur l'éducation, la bioéthique, le génie génétique et le transhumanisme, par des auteurs croyants et non croyants. En 2020, l'éditeur Téqui a publié en français un commentaire de Michael Aeschliman, *La Restauration de l'homme*.
  • Ce qui annonce Narnia — L'école expérimentale du *Fauteuil d'argent*, et Oncle Andrew du *Neveu du magicien*, savant prêt à sacrifier des cobayes au nom de la science, en sont les illustrations narniennes.
  • Public — Pour les enseignants, étudiants et tous ceux que les questions d'éducation passionnent. Trois chapitres, une centaine de pages.
  • Ce qu'en retient un lecteur d'aujourd'hui — Le livre a été écrit en 1943, avant la génétique moderne et les intelligences artificielles, mais sa question finale (qui façonnera l'humain de demain, et selon quelles valeurs ?) se pose aujourd'hui avec une acuité nouvelle. On peut ne pas partager la notion de Tao et reconnaître la force de l'avertissement.
  • Conseil d'entrée — Niveau : Intermédiaire — court mais dense. Pour les enseignants, étudiants et tous ceux que les questions d'éducation passionnent. Trois chapitres, une centaine de pages.
  • Première année (entier), pour trier et filtrer — 1943
  • Disponibilité normalisée : disponible, epuise, non_traduit, a_verifier, autre — autre

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  • L'Abolition de l'homme : réflexions sur l'éducation — A. Ardant-Criterion — Limoges — 1986 — Irène Fernandez — première traduction, avec une préface de la traductrice
  • L'Abolition de l'homme — Raphaël — Le Mont-Pèlerin — 2000 — Denis Ducatel — Denis Ducatel, le traducteur, dirigeait les Éditions Raphaël
  • L'Abolition de l'homme : la voie perdue — Ad Solem — Paris — 2017 — Irène Fernandez — reprise de la traduction de 1986 (le SUDOC signale aussi un tirage daté de 2015)

themes

  • Des « hommes sans poitrine » : l'éducation des sentiments.
  • Le Tao : une loi morale universelle.
  • Les dangers du conditionnement et de la technocratie.
  • La science, ses pouvoirs et ses limites.

Citations courtes avec source

  • Nous fabriquons des hommes sans poitrine et nous attendons d'eux la vertu et l'esprit d'entreprise. — L'Abolition de l'homme, ch. 1 — traduction du site

Famille de l'œuvre (groupe de navigation) : {slug, titre}

Essais

Synonymes et noms alternatifs (noms originaux, autres traductions, genre…), pour Meilisearch

  • The Abolition of Man
  • Essai (philosophie morale, éducation)
  • Essais

Un manuel scolaire anodin, une cascade « sublime » et une question vertigineuse : si l'on apprend aux enfants que toutes les valeurs ne sont que des sentiments, qui décidera demain de ce qu'est l'homme ? Un petit livre souvent cité bien au-delà des cercles chrétiens.

Fiche express

  • Titre original : The Abolition of Man (1943)
  • Genre : Essai (philosophie morale, éducation)
  • Première édition : Oxford University Press, 1943 (trois conférences Riddell données en février 1943 pour l'université de Durham, à Newcastle)
  • En français : Trois éditions françaises : Criterion (1986) et Ad Solem (2017), dans la traduction d'Irène Fernandez ; Raphaël (2000), dans celle de Denis Ducatel. Disponibilité actuelle de l'édition Ad Solem non vérifiée.
  • Niveau de lecture : Intermédiaire — court mais dense

Par où l'aborder

Niveau : Intermédiaire — court mais dense. Pour les enseignants, étudiants et tous ceux que les questions d'éducation passionnent. Trois chapitres, une centaine de pages.

Le livre en quelques lignes

Lewis part d'un manuel d'anglais pour lycéens, qu'il appelle par discrétion « le Livre vert ». Les auteurs y commentent une anecdote : devant une cascade, un touriste la dit « sublime », un autre « jolie ». Pour le manuel, ces phrases ne disent rien de la cascade, seulement des émotions du locuteur. Lewis y voit une révolution silencieuse : on forme des élèves sans « poitrine », c'est-à-dire sans sentiments éduqués qui relient l'intelligence aux instincts. Il défend l'existence d'une morale objective, qu'il appelle le Tao, commune à toutes les grandes civilisations ; il en donne des exemples en annexe, tirés de textes égyptiens, babyloniens, chinois, grecs, nordiques, hébreux. La dernière conférence décrit l'aboutissement logique du rejet de toute valeur : une poignée de « conditionneurs » qui, armés de la science, façonneraient les générations futures selon leurs caprices. La conquête de la nature par l'homme deviendrait la conquête de l'homme par la nature.

Dans l'atelier de Lewis

Le livre est écrit en pleine guerre contre des régimes totalitaires qui prétendaient fabriquer un homme nouveau. Lewis en tire la même année un roman, Cette hideuse puissance. Il ne vise pas la science en tant que telle, mais une philosophie qui réduit tout à des faits mesurables.

Ce qui y annonce Narnia

L'école expérimentale du Fauteuil d'argent, et Oncle Andrew du Neveu du magicien, savant prêt à sacrifier des cobayes au nom de la science, en sont les illustrations narniennes.

Ce qu'en retient un lecteur d'aujourd'hui

Le livre a été écrit en 1943, avant la génétique moderne et les intelligences artificielles, mais sa question finale (qui façonnera l'humain de demain, et selon quelles valeurs ?) se pose aujourd'hui avec une acuité nouvelle. On peut ne pas partager la notion de Tao et reconnaître la force de l'avertissement.

La trace qu'il a laissée

Lewis le considérait comme l'un de ses livres les plus importants. Il est aujourd'hui cité dans les débats sur l'éducation, la bioéthique, le génie génétique et le transhumanisme, par des auteurs croyants et non croyants. En 2020, l'éditeur Téqui a publié en français un commentaire de Michael Aeschliman, La Restauration de l'homme.

Les idées à retenir

  • Des « hommes sans poitrine » : l'éducation des sentiments.
  • Le Tao : une loi morale universelle.
  • Les dangers du conditionnement et de la technocratie.
  • La science, ses pouvoirs et ses limites.

À citer

« Nous fabriquons des hommes sans poitrine et nous attendons d'eux la vertu et l'esprit d'entreprise. »
— L'Abolition de l'homme, ch. 1 — traduction du site

Le lire en français

  • L'Abolition de l'homme : réflexions sur l'éducation, A. Ardant-Criterion, Limoges, 1986, trad. Irène Fernandez — première traduction, avec une préface de la traductrice
  • L'Abolition de l'homme, Raphaël, Le Mont-Pèlerin, 2000, trad. Denis Ducatel, directeur des Éditions Raphaël
  • L'Abolition de l'homme : la voie perdue, Ad Solem, Paris, 2017, trad. Irène Fernandez — reprise de la traduction de 1986 (le SUDOC signale aussi un tirage daté de 2015)

Voir aussi

Sources consultées (URL ou références) ; à afficher en bas de page

  • https://lafree.ch/les-livres-de-c-s-lewis-traduits-en-francais/
  • https://www.pintswithjack.com/csl-in-france/
  • https://en.wikipedia.org/wiki/The_Abolition_of_Man
Œuvres de C.S. Lewis